Samedi 7 août 2010 6 07 /08 /Août /2010 08:43

 

En ce coeur d'eté, je vis l'expérience particulière, intense mais aussi traumatisante d'être confrontée au Miroir de l'autre, et donc à ces propres faiblesses ou noirceurs renvoyées en écho...

 

En milieu de semaine, une enième discussion avec Chéri dérape, (de mon fait j'en conviens...J'aurais dû me recentrer, remettre les reproches justifiés dans un contexte dépassionné, oui je sais j'aurais dû..mais voilà...bref la mayonnaise est montée pire qu'une chantilly), de petites phrases en grandes phrases, tout y passa : violence des mots, vieux ressentis moisis, les familles respectives, l'intégrité de l'autre,...bref toute l'horreur que l'on peut parfois en un instant penser de l'autre quand il nous agace un peu plus que de coutume...et qui là enjambe les moments sereins et heureux de notre vie...

 

La rage, j'emploie ce mot à dessein, ce n'est pas de la colère, c'est un véritable raz de marée de rage impuissante, de frustrations retenues, de non dits, de mutisme cadenassé depuis des décennies qui submergent tout et dévastent tout sur leurs passages....

 

je suis d'une violence extrême, y compris physique, je marche sur Chéri sans crainte, sans peur, mon corps tout entier est une houle de haine, une partie de moi est irraisonnable à cet instant même...je déverouille tout ce qui s'est tapi au fond de moi depuis des années, tout ce que je n'ai pas dit, tout ce que j'ai ressenti, imaginé, collecté et qui soudain explose comme le volcan que l'on n'attendait pas...

 

les phrases sont aussi violentes du côté de Chéri, elles s'impriment sur le miroir de mon âme avec justesse...j'ai l'impression de voir s'écrire tout ce que je me masque soigneusement, toutes les questions que je n'ose pas forcément me poser clairement : j'ai du mal à reconnaître mes torts, je pense plus à moi qu'aux autres, je suis égoïste, j'ai du mal à soutenir l'autre dans les moments difficiles....oui, tout cela c'est aussi moi...mon orgueil mal placé, ma peur de ne pas pouvoir prendre ma place, ma peur terrible des situations de conflits avec l'autorité qui remonte à l'enfance....oui, tout cela me revient comme un boomerang.

 

Ma violence est si extrême que je crois que j'aurais pu tuer si une arme avait été à mes côtés....Je captais malgré tout, la peur physique de Chéri et je crois que qq part ce fut un signal d'alarme...je pris soudain conscience de la réalité et de la douleur intense qui irradiait ma main...en situation de défense, la main de Chéri m'avait retourné le pouce...ma main blessée m'a aidée à revenir à la réalité...les larmes, la peur, la panique, tout y était...

 

Je découvrais une femme que je ne connaissais pas :violente à l'extrême pour protéger ce qu'elle pensait attaqué...foutaise, personne d'autre que moi n'attaquait cette femme...je me suis vue je dirais, et je n'en suis pas fière, comme une harpie, il est vrai...mais qq part, je me suis également vue comme une guerrière que je pourrais être si le bon combat était décidé : sans état d'âme et prête à tout...

 

Une main bandée, toute la zone autour du pouce enflée et noire...cela permet de relativiser les choses...je suis amenée à faire "avec" mais si la violence de l'altercation reste encore source de mal être en moi, je dois reconnaître qu'elle fut aussi initiatrice d'apprentissage sur soi et sur l'autre....je sais que ce que je dois traverser aujourd'hui et qui me blesse encore maintenant est un certain "mutisme" de Chéri : il ne veut pas parler, discuter, mais reconnaît volontiers le faire, se lâcher avec d'autres....ce qui me frustre est que perso, moi j'en rêve de ces échanges que l'on ne me donne pas pour des raisons qu'il ne m'a pas dites : peur de moi, de ma facilité de répartie, d'arguments, peur de se livrer par manque de confiance...je ne sais pas...

 

Alors depuis trois jours, j'ai pris le parti du silence et de la patience....je m'aperçois que j'ai du mal avec le silence...j'ai un besoin viscéral de "dire", de parler, de m'exprimer....je fais aussi le pari de la patience : attendre que la situation s'éclaircisse, vivre au quotidien, ne pas peser sur l'autre...attendre....c'est difficile car j'ai en moi la volonté viscérale d'agir et là, je dois rester immobile en regardant passer la vie tout en y restant attentif...pas simple...

 

Est ce la bonne solution ?....je ne sais pas...je sais que je dois lutter également contre une forte envie de me cloîtrer dans ma forteresse comme je l'ai été durant des années...ce qui me retient ?...le souvenir de la difficulté à en sortir et l'écroulement physique correspondant...

 

Aujourd'hui, c'est un peu différent, je suis qqu'un qui a construit son propre socle...je n'appartiens plus à l'autre...mais je dois, si je veux continuer à vivre avec l'autre, accepter d'aller vers lui...et ca c'est pas gagné...alors je comprends qu'en ce moment, tout ce dont j'ai besoin c'est de paix, de sérénité, en attendant de reprendre le chemin...

Par Emmarande - Publié dans : réflexions personnelles - Communauté : Chemins de Vie
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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 16:05

 

A quelques jours de mon anniversaire, je suis amenée à faire un choix...difficile...un choix qui engage le temps qu'il me reste à vivre sur cette terre...

 

Choisir entre ce qui m'a fait souffrir, mais qui m'a aussi permis de me déconstruire et de me reconstruire, choisir entre danger et sécurité, choisir entre deux possibilités de vie : vie dans la pénombre des forêts de mon âme et vie en pleine lumière...

 

Depuis quelques jours, cela me tourne autour : j'en rêve la nuit, y pense le jour, je suis "à l'ouest de ma vie", j'ai pris la décision cet après midi de "trancher", de verbaliser mon choix, j'ai fait la pari fou que je pouvais continuer la vie que je mène depuis des années avec sérénité, j'ai fait le choix de ne plus dépendre, malgré ce qu'une partie de moi revendique, de mots jetés sur le net et que je ne pourrais jamais concrétiser dans la vie réelle...

 

Voilà, en conscience et malgré mes larmes,  je laisse derrière moi un "possible" qui correspondait à la Femme que je suis devenue...j'ai fait le choix de la "seconde chance", de l'amour qui s'appuie sur le vécu du quotidien et sur le terreau de ce qui a été partagé...

 

Malgré les souffrances, les incompréhensions, la violence des mots et des situations, de l'apparence, j'ai décidé de m'appuyer sur ce qui m'a construite depuis deux ans mon socle d'estime et l'amour que je me porte...

 

J'ai bataillé pour devenir celle qui est aujourd'hui..et j'ai juré de ne plus vivre de non dits, de faux semblants, de contre vérité...j'ai traversé la nuit noire de l'âme et je ne pouvais plus rester entre l'aube et la nuit...il m'a fallu choisir...j'ai choisi d'être la Femme Solaire que je suis devenue..Je pleure aujourd'hui sur ce qui saigne encore, comme pour le deuil de ce que j'avais rêvé, roulée en boule au bord du chemin...mais demain, je reprendrais ma route, sans un regard derrière moi...

 

Que la Lumière soit et la Lumière fût....

   .

 

 

Par Emmarande - Publié dans : réflexions personnelles - Communauté : Chemins de Vie
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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /Juil /2010 15:36

En ce début d'après midi, je relève les mails que j'ai laissé ce matin de côté...l'horoscope du jour (que comme toutes femmes, malgré les dénégations, j'aime bien regarder...et oublier aussitôt), mes fiches de cuisine, mes mails de Fille sur la mode, la déco, les piaspias psycho machin truc, les "comment bronzer à l'ombre" et les "comment trouver l'homme de sa vie ou d'un instant"... et puis quelques mails de "fond" dont une newsletter d'une écrivaine quebecquoise baptisé "Matins Magiques"....

dans celui reçu ce jour, j'ai extrait cette phrase ".Combien de fois nous nourrissons-nous de ce qui nous mine?" et ca me parle, ca me parle, ca bavarde, résonne, tonne, en moi....

Effectivement, je me vois alors à certains moments de ma journée ou en fin de journée, me faire à moi même ou à ceux qui m'entourent ou que je cotoie donner une coloration de ma vie, qui n'appuie que sur ce que je pense combattre si activement...

A la question par exemple existentielle et très personnelle de la fin de journée, quand le soleil bascule à l'horizon, du "qu'est ce que j'ai fait aujourd'hui ?"...je vais sans réfléchir penser "j'ai rien fait de bien ou de bon, j'ai assuré le train train quotidien de la routine maison, ménage, cuisine, d'une maison ouverte aux hôtes".....ce n'est que quelques fois "magiques" où ma première impression va être "c'était génial aujourd'hui, j'ai ressenti le bonheur total d'aller cueillir mes légumes de bonne heure, quand la rosée perle le jardin de fraîcheur, de remettre la maison en ordre en chantant et en pensant au plaisir de ceux qui vont trouver leur chambre nette et pimpante à leur retour, de me mettre en cuisine avec bonheur et amour et de me régaler par avance du plat que je mitonne avec patience"....

A la question très personnelle "est ce qu'il m'aime après toute ces années, les heurts inévitables et l'usure de la routine ?"....il m'arrive trop souvent de penser "il n'est pas comme ceci ou cela, il a fait ceci ou cela qui m'a chagriné ou déplu, il m'a fait souffir avec ceci et cela" au lieu de penser "34 ans de vie partagée chaque jour, avec des moments de pur bonheur, des regards et gestes de tendresse, des moments surmontés ensemble, des habitudes que je connais par coeur et dont je connais le déroulement, un vieillissement qui s'installe en douceur peu à peu mais que l'on affronte, sans le savoir, ensemble"....

Mais alors, qu'en laissant parler mon coeur, pour la deuxième phrase qui est juste derrière, pourquoi est ce la première qui jaillit, s'appuyant sur les manques, les errements, une réalité déformée par l'entretien de l'habitude de la rumination des vieilles querelles ou vieux mécanismes de défense ?

En fait, l'auteur canadien a raison, je me nourris de ce qui me mime, language du mental, de l'ego, qui aime conserver le contrôle de la personne que je suis...lever le voile et laisser parler le coeur c'est mettre la structure de l'ego en danger...c'est lui signifier qu'il y a une réalité autre derrière celle déformée par les ruminations de la pensée vagabonde....

Alors que faire ?...en écrivant ces mots, je pense à ma grand mère qui avait souvent des formules de bon sens pour tous les moments importants..Elle disait "il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler"...et je me dis que je vais appliquer sa formule pour toutes les introspections personnelles...en me laissant le temps de bander la flèche de ma pensée en conscience, cela permettra de laisser la "vraie" pensée se mettre en place dans l'arc de ma vie...

J'aime l'idée que derrière le côté destructeur, cynique, pessimiste, des choses il y ait le côté joyeux, heureux, rieur de ces mêmss choses...à moi de savoir choisir la bonne flèche...

Par Emmarande - Publié dans : réflexions personnelles - Communauté : Chemins de Vie
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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 18:38

 

D'aucun me traiteront de paresseuse...moi je revendique haut et fort le bonheur totale et intense de la sieste...par tous les temps...

 

Une sieste entre 20 mm et 1 h, étendue au calme sur mon lit, dans la chambre fraîche l'été et sous la couette quand les températures extérieures sont près des frimas de l'automne ou de l'hiver...

 

Enfant, j'ai grandi chez mes grands parents dans une ferme et malgré les temps des travaux de l'été, foin et moissons, mes grands parents ont toujours pratiqué, pour eux et leurs employés, la sieste : à l'ombre des arbres, des bâtiments, dans la paille, sur le lit pour le maître ou la maîtresse de la maison...et pour la petite fille que j'étais, interdiction de sortir aux heures les plus chaudes entre 14 et 16h....donc fraîcheur de la maison, sieste obligatoire et lecture obligée...

 

Quand j'ai travaillé adulte, la sieste m'a manqué ....j'essayais que j'eus la chance de travailler près de chez moi de me mettre la tête sur mes bras repliés sur la table de la cuisine pour un petit quart d'heure réparateur...mais rien à voir avec la sieste du week end où je me sentais dans une liberté totale quant à mon temps d'absence...

 

Ces dix dernières années, j'ai travaillé de chez moi et malgré les travaux importants de l'été, j'ai toujours trouvé le temps "magique" de métendre sur mon lit une bonne vingtaine de minutes qui m'ont permis d'assurer dans de meilleures conditions ma deuxième journée de travail...

 

Aujourd'hui, où tout se ralentit, je pratique la sieste en conscience...sitôt le déjeuner avalé, je ressens cette étrange lourdeur, cette difficulté à me mouvoir signe pour moi que tous mes sens se ralentissent....

 

je monte alors mon escalier, rejoins ma chambre baignant dans l'ombre et la fraîcheur, et m'étend avec volupté sur mon lit...un soupir d'aise et je bascule dans les bras de morphée...j'émerge 20 mm plus tard ou 40 mmm...reposée, sereine, fraîche comme un poisson de rivière...

 

La sieste est une miraculeuse coupure qui me permet de recharger mes batteries, qui redonnent des couleurs à ce que j'ai à faire....sans elle, j'aurais eu du mal à tenir le rythme de mes 17 h de job quotidien durant l'été...

 

Les anciens savaient son bénéfice : ils n'étaient pas fous...il a fallu que l'économie, la gestion et autre jobs non stop en viennent à la saboter...avant aujourd'hui de la voir émerger timidement y compris dans les pays comme le japon où le travail est considéré  comme un Dieu..  

 

J'ai besoin de ce temps de latence du corps et de l'esprit, j'ai besoin de sentir mon corps se déconnecter du quotidien et reprendre des forces neuves...j'ai besoin de cette pause de milieu du jour, de revenir ensuite dans le cours de la vie quotidienne avec une vue acérée des choses, je suis bien ainsi plus présente à moi ....j'apprécie la fraîcheur de la maison l'été, la chaleur douillette de la couette l'automne et l'hiver et savoir que l'après midi va encore réceler tant de belles choses inespérées...

Par Emmarande - Publié dans : réflexions personnelles - Communauté : Chemins de Vie
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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 21:50

 

 

8h du matin, le soleil affleure la colline à l'est, les oiseaux chantent depuis déjà près de 3h, le jardin s'éveille en douceur, frais de rosée. Ah ce jardin !!, c'était il y a 10 ans un champ, nous y avons d'ailleurs la première année fait les foins avec mon fils...il y avait au fond quelques maigres arbres fruitiers et un sapin de Noêl, héritage des enfants des précédents propriétaires...

 

Avec les années, le jardin a pris ses marques : une piscine d'abord, des plates bandes....puis il y eut deux ans difficiles, mal être en moi même et mal être dans le jardin : les ronces, le chiendent avait pris leurs lettres de noblesse..Ce fut pourtant ce jardin abandonné par mes soins qui m'aidera à revenir à la vie. Petit à petit, à raison d'une heure par jour, (j'étais tellement fatiguée que je ne pouvais lui consacrer plus de temps), nous avons ensemble fait un toilettage des ronces, des mauvaises herbes, les plates bandes furent nettoyées, paillées, bichonnées..Je mis deux mois pour lui redonner l'air du jardin entretenu que j'aimais tant...

 

L'automne dernier, je décidais de préparer un potager sur ados, juste deux grands rectangles de 3 m de long par 1 m de large.. durant deux jours, je creusais mes allées, entassais la terre dans les carrés délimités, y épandais mon compost, mes herbes des dernières tontes et une fois paillées, le laissais en paix jusqu'au printemps.Mais j'étais déjà très fière de mon travail...Je surfais de longues heures sur le net pour préparer mes futures plantations et avais hâte de l'arrivée du printemps pour "faire"...  ...je créais sur mon ordinateur mon journal de bord de mes futures plantations et un plan du potager...

 

j'ai donc planté des courgettes, des tomates, des poireaux, des choux, de la salade, de l'ail, oignon et échalote, des courges et des melons...

 

 j'étais ivre de joie le jour où j'ai ramené dans mon panier vers la maison mes premières courgettes....depuis, chaque matin, je vais lui rendre visite dès mon thé avalé....j'en fais le tour, l'arrosage de la veille au soir a fait le bonheur des mes batavia et de mes feuilles de chêne, je lui parle et le bichonne....

 

Rien ne me rend plus heureuse que d'être là, accroupie les mains dans la terre, dans "mon" compost, fait avec ce que nous avons consommés puis recyclés, avec l'odeur de l'herbe humide qui m'entoure....je lui parle à mon jardin, à mon potager, je parle à la "queue rousse" perchée sur un piquet et qui a accompagné mes gestes d'épandage du compost l'automne dernier, je parle à l'une de nos chattes "Noisette" qui a décidé que le coin potager était son territoire...je parle aux arbres, aux fleurs, je sais ce que je leur dois...

 

Quand je regarde mon jardin aujourd'hui, je vois un parc superbe avec ses grands arbres, son kiosque, ses zones fraiches et ombrées, sa piscine ensolleillée....

 

J'aime alors y venir, pailler les plates bandes, arracher qq herbes...sourire de voir une graine de melon qui a germé seule et qui déploie aujourd'hui ses vrilles et ses feuilles (miam un melon du jardin...je ne vous dis pas...), sentir la rosée sous mes pieds nus, fermer les yeux et laisser ma respiration grandir et me remplir...et remercier tout ce qui vit ici de m'aider à faire de moi une femme heureuse....

 

 

Par Emmarande - Publié dans : réflexions personnelles - Communauté : Chemins de Vie
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